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 Zam Bothiva

et la Fraternité des Polaires

Pendant l'été 1908, à Bagnaia, près de Rome, un Italien, Mario Fille, fit la connaissance d'un ermite, qui vivait dans une cabane isolée en pleine montagne du Viterbais, et qu'on nommait le Père Julien.

Marin Fille rendit de nombreuses visites au solitaire, dont la conversation le charmait et il adoucit son sort. En automne, au moment des adieux, le Père Julien remit à son ami et bienfaiteur un document d'une antiquité vénérable, en disant :
«Ces pages contiennent une méthode divinatoire, basée sur une arithmétique particulière.

Voici comment on l'utilisera : quand quelqu'un sera assailli par un doute, il formulera son problème, en y pensant fortement ; il l'écrira, le faisant suivre de ses nom et prénom et de ceux de sa mère.

Puis il effectuera sur les lettres ainsi tracées de très longues opérations arithmétiques selon les formules que je te remets. Mais garde ce secret pour toi, jusqu'à ce que tu sois habilité à le confier à d'autres...»

Quelques années plus tard, en Égypte, Mario Fille fit la connaissance d'un de ses compatriotes, nommé Accomani, et, dans un songe, il reçut l'ordre de lui communiquer le secret du Père Julien.
Tous deux firent de nombreux essais et reconnurent que les réponses aux questions qu'ils posaient étaient surprenantes de netteté.

Alors, ils essayèrent de retrouver, grâce à l'oracle, le Père Julien. Il leur fut répondu que l'ermite était parti, vers l'Himalaya, sans esprit de retour.

Puis il fut révélé que le Père Julien avait été un émissaire de la Grande Loge Blanche, qui, du Tibet, guide l'évolution de l'humanité et qui, à cette époque, se proposait de préparer l'avènement de l'Esprit sous le signe de la croix et de la rose.


Toujours par le truchement de l'oracle numérique, Fille et Accomani, selon leurs dires, reçurent mission de constituer (ou plutôt de reconstituer) la Fraternité des Polaires, dont les « membres avaient été dispersés au XVe siècle par haine de la Vraie Lumière ».

Paris, «Rome» des Polaires

Par des messages de plus en plus nombreux et de plus en plus pressants, il fut précisé que — sur le plan astral — la direction magique des Polaires serait constituée par Trois Petites Lumières, subordonnées à un Chevalier Sage, et que Paris allait être la «Rome» de la fraternité.

C'est pourquoi Fille et Accomani se fixèrent sur les hauteurs de Montmartre, à l'emplacement de ce qui avait été le célèbre «maquis».

Le hasard (ou, selon eux, l'astral) les mit en relation avec le journaliste occultiste Fernand Divoire, rédacteur en chef de «l'Intransigeant» et auteur du livre «Pourquoi je crois en l'occultisme».

Fernand Divoire constitua un comité d'études où siégèrent notamment l'orientaliste Jean Marques-Rivière, le romancier Maurice Magre, auteur de «Le Sang de Toulouse», la femme de Giuseppe Canudo, le premier esthéticien du septième art, le journaliste Jean Dorsenne1 (voir Notes).

Les « maîtres invisibles » décernèrent à Accomani l'hiéronyme de Zam Bothiva.

Diverses expériences furent si concluantes que Zam Bothiva reçut les fonds nécessaires pour rédiger et éditer un opuscule intitulé Asia mysteriosa, dont la diffusion fut confiée à la librairie Dorbon-Aîné et qui comporta trois préfaces, écrites respectivement par Fernand Divoire, Maurice Magre et Marquès-Rivière.

En même temps, on organisa en templum un studio, 36, avenue Junot, où se déroulèrent des rites établis, jusqu'aux moindres détails, par les Guides Spirituels.

Zam-Bothiva-1930
Couverture de l’édition de 1930

La doctrine

De nombreuses personnes se joignirent aux fondateurs ; elles se recrutaient dans un milieu de journalistes, d'esthètes et d'écrivains ; les femmes étaient à égalité avec les hommes.

La cabale arithmétique fut simplifiée et des médiums parlèrent directement.

C'est ainsi que les Polaires apprirent qu'ils étaient les dépositaires de la Tradition boréale, qui émane de Thulé. (Rappelons que les sociétés secrètes qui créèrent le nazisme se réclamèrent de la même origine...)

« Les Temps sont proches, affirmèrent les oracles. Des verges de feu frapperont certains pays de l'Europe, et il faudra ensuite reconstruire sur des bases fraternelles. Ce sera la mission des Polaires. »
La direction matérielle et spirituelle de la Fraternité fut confiée à un Groupe Central de 63 membres, qui, à leur tour, désignèrent un Comité Directeur de 9 adeptes.

Ces 72 mandatés étaient porteurs du Rayon Rouge, c'est-à-dire d'ondes magnétiques particulières.
II n'y aurait pas, de par le monde, plus de mille bénéficiaires de ces Rayons Rouges ; ils se reconnaissent entre eux et communiquent à distance.

Déclin

Après avoir connu une certaine prospérité, la Fraternité se divisa et s'anémia. Zam Bothiva en fut exclu dans des circonstances délicates : les oracles lui avaient ordonné de retrouver, près de Montségur, le trésor des Albigeois ; pour entreprendre des fouilles, il fallut collecter de l'argent ; les fouilles furent totalement décevantes ; des commanditaires mirent en doute la pureté des intentions de leur mentor, et telle fut aussi l'opinion d'un juge d'instruction.

La direction des Polaires revint à un certain frère Odin, qui s'intéressait particulièrement à l'aurore de l'ère du Verseau.

Les communications se multiplièrent et les Polaires-Verseau laissèrent courir le bruit qu'ils avaient sauvé la France en 1934. Ils furent moins heureux quelques années plus tard...

Certains Polaires n'ont pas perdu la foi pour autant ; ils continuent de se réunir, d'interroger l'oracle et de faire le bien autour d'eux. Mais ils ont quitté l'avenue Junot et tiennent leur lieu de réunion rigoureusement secret.

Ouvrages à consulter :

Zam Bothiva : Asia mysteriosa (Paris, Dorbon-Aîné, 1930).
Réédité en eBook
 www.ebookesoterique.com  2012

Zam Bothiva et la Fraternité des Polaires.

Couverture de l’eBook actuel

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Geyraud (P.) : les Sociétés secrètes de Paris (Paris, Emile-Paul, 1938).
Guénon (R.) : article dans les Etudes Traditionnelles (février 1931).

NOTES : (1) Jean Dorsenne Je Lis dans les Bêtes
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