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Suggestion

— Suggestion — On a beaucoup étudié la suggestion à la fin du XIXe siècle et au début du XXe. Ce fut essentiellement l'œuvre de Charcot et de son École de Bernheim et de l'École de Nancy, de Coué et de son génie. Il faut distinguer la suggestion, force psychique permettant d'étendre sa volonté aux actions des autres, et l'autosuggestion, qui ne met en jeu que l'opérateur lui-même.

Nous parlerons d'abord de cette dernière : l'autosuggestion est le phénomène par lequel notre corps et nos actes obéissent à la sollicitation impérative d'une image propice. Il faut remarquer avec Coué que le moteur est l'image et non la décision volontaire. Quand les deux sont en conflit, dit Coué, c'est d'ailleurs toujours l'imagination qui gagne (cas typique du vertige : la volonté et le raisonnement sont battus par l'image et sa sollicitation).

La technique d'autosuggestion consiste donc à dresser avec force (ou par répétition) des images éloquentes. Celles-ci ont pour effet d'entraîner les réactions de l'inconscient biologique et du subconscient de manière à réaliser ce qui correspond au contenu de l'image. Les résultats obtenus sont incontestables. Parmi eux, on note aussi bien des transformations du comportement social que des transformations du corps et des guérisons de maladies.

La suggestion correspond à un phénomène du même ordre — plus complexe parce qu'il y a passage d'un individu à un autre. Dans l'acception courante, un orateur est suggestif lorsqu'il sait évoquer des images propres à entraîner la conviction.

C'est la suggestion d'ordre
mental. Les suggestions d'ordre psychique font aussi intervenir l'image, mais ils l'imposent à la conscience ou à l'inconscient de l'autre soit par télépsychie (suggestion d'actes sans utiliser l'impératif oral), soit par la parole impérative (l'ordre formulé étant doublé d'une mise en état d'impuissance à résister à cet ordre, en vertu d'une autosuggestion), soit par la suppression chez l'autre de tout mécanisme de défense mental ou volontaire (mise préalable en état d'hypnose).

Le pouvoir de la suggestion est considérable. On sait que par suggestion hypnotique ou par suggestion télépsychique, il a pu être commandé à des individus parfaitement normaux et équilibrés, les actes les plus invraisemblables. Les tribunaux ont eu maintes fois l'occasion de démêler la responsabilité apparente de l'exécutant et celle, réelle, du délinquant ayant imposé ses desseins au premier par suggestion.

Ce pouvoir de suggestion ne s'exerce d'ailleurs pas seulement sur les hommes.
En premier lieu, il s'exerce sur les animaux, et c'est bien connu : il existe des individus qui savent faire obéir les animaux sans leur parler — avec ou sans l'aide du regard à titre de support de fascination hypnotique. En second lieu, le pouvoir de suggestion — c'est-à-dire le pouvoir de faire intervenir le potentiel propre d'une image — semble aussi s'exercer sur les actions matérielles.

Dans des expériences récentes, un professeur américain a étudié systématiquement et statistiquement l'influence du désir de l'opérateur sur l'apparition d'une figure donnée de dés à jouer. Après des dizaines de milliers de jets de dés (sans même que l'opérateur touche les dés, qui étaient lancés par une machine), on a pu constater qu'au lieu d'obtenir les résultats prévus par le calcul des probabilités, on obtenait un résultat différant constamment de ce dernier et toujours dans le sens où la volonté s'était exercée.

De telles considérations ouvrent des horizons intéressants sur les possibilités de la prière, de l'attitude mentale devant les événements.


 

 

 

 

 

 

 

 

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