CeodeoHeader02PlantagItal3

 

Magie

— Magie — Selon la conception rationnelle et classique, la magie est l'art de soumettre à sa volonté des puissances supérieures (esprits, génies, démons), de les évoquer ou de les conjurer par des charmes, des enchantements ou des sortilèges, de changer avec leur aide le cours de la nature, de commander aux éléments, d'opérer des faits extraordinaires tels qu'apparitions, transformations, guérisons subites, maladies nouvelles, sentiments irrésistibles d'amour ou de haine, sorts, etc...
Pour opérer ces prodiges, des magiciens emploient des procédés mystérieux : gestes, mots, chants, etc... doués d'un pouvoir secret.

Les anciens avaient donné le nom de magie à cet art merveilleux parce qu'ils en attribuaient l'invention aux mages de la Médie, d'où il se serait répandu en Chaldée, puis en Grèce. On sait qu'il y avait des magiciens à la cour du Pharaon et que ce souverain même était le prince des magiciens — qualité inhérente à sa souveraineté (comme le sera plus tard le Droit divin) ; Simon le Magicien, un gnostique, est cité dans l'Ancien Testament ; parmi les pythagoriciens, on sait la réputation du mage Apollonius de Tyane ; Plotin, chef du néo-platonisme, croyait à l'efficacité de la magie ; sous Julien, la magie s'unit à la théurgie pour combattre le christianisme.
Quant au Moyen Age, il regorge de faits et de récits magiques de tous ordres.

Telle est la généralité du fait magique. Telle est la neutralité avec laquelle on le définit généralement. Essayons d'en expliquer l'essence en remontant à sa source. Historiquement, on sait que toute l'Antiquité vécut de magie de l'Inde à Rome en passant par l'Égypte, la Phénicie, l'Assyrie, et la Grèce. Des pratiques séculaires de magie se perpétuent jusqu'à nos jours aux Indes et au Thibet. Mais nous resterons pour plus de clarté dans l'axe judéo-chrétien.

Moïse et, après lui, les rois juifs sont souverains et mages, participant du droit divin en dehors de la voie de sainteté. Moïse multiplie les miracles ; mais à supposer que Jéhovah y soit pour quelque chose, il faut reconnaître que ses procédés opératoires ressemblent à s'y méprendre à ceux qu'employaient les Égyptiens, ses contemporains. On sait aussi que le roi ou le grand prêtre, dans les combats ou les circonstances cruciales, interrogeaient
l'Ephod-oracle, coffret fixé au buste par des lanières et qui contenait deux dés d'émeraude : l'ourim et le toummim. L'oracle guidait les combats, comme le rapporte Samuel.

Jérémie s'élève contre les sorciers et devins, comme l'avait déjà fait le Lévitique. Ozachias, roi d'Israël, va consulter et invoquer Baal-Mouche, prince des démons. Quant aux
Téraphims, statuettes de bois, elles ont évidemment une valeur magique, de même que la pratique purificatoire du bouc émissaire ou de l'eau du sacrifice d'une vache rousse, guérissant la lèpre. La Kabbale juive est aussi un code de magie très complet et la tradition rabbinique est émaillée de pratiques magiques.

Avec l'ère christique s'opère progressivement une catholicisation de la magie. De sorte que de nos jours, les talismans sont devenus images saintes ou médailles bénites (saint Christophe, les Agnus Dei — voir ce mot, etc...), alors que la magie ainsi dénommée dans le vocabulaire actuel fait des pantacles et des prodiges dans l'ombre et la réprobation.

Si l'on met ces deux formes de magie dans le prolongement l'une de l'autre et qu'on fasse le total, on peut dire que la croyance en la magie, ni cet art lui-même, n'ont perdu de leurs droits et prérogatives. En résumé, qu'on prenne le monde dans son ensemble, ou le courant de civilisation qui nous concerne, on peut dire qu'après la nourriture, le sommeil et la procréation, la magie est bien ce qui caractérise l'activité humaine élémentaire de la manière la plus constante et suivie.

L'étude des civilisations primitives a montré le fait magique sous un angle assez nouveau — et assez primaire — aux ethnographes contemporains, ce qui ne tient pas à une moindre qualité des faits découverts, mais à l'incompréhension générale et quasi totale des ethnographes. Avant l'ère des ethnographes professionnels, nous n'avions droit qu'aux récits des missionnaires, dont la mission même créait parfois des perspectives inattendues. Aujourd'hui, les spécialistes vont jusqu'à enregistrer leurs découvertes sur films.

Mais visiblement, le sens de ce qu'ils découvrent attire moins leur attention que la possibilité de le classer. La psychologie, la sociologie et la psychanalyse sont venues suppléer à cette carence et ont donné du fait magique une interprétation qui se perfectionne lentement. La force élémentaire de l'homme, qui est à la fois
élan vital, poussée instinctive pour l'existence, libido, etc..., change de valeur et de forme au cours de son évolution. Réduite d'abord à une pulsion initiale, elle devient un vouloir dès qu'elle se double d'une conscience. Mais cela se produit bien avant que ladite conscience soit rationalisée — au stade dit animique.

La pensée animique diffère de la pensée rationnelle par plus d'un point : par exemple, elle anime ce qui l'entoure, elle considère les objets extérieurs, les forces de la nature, comme des êtres animés. Pour cette raison, on voit les jeunes enfants, tout comme les primitifs, infliger des châtiments à leur poupée ou aux meubles qui les ont heurtés, ou aux objets qui ont provoqué un accident. Par ailleurs, la pensée à ce stade est participante. C'est-à-dire qu'elle ne cherche pas à connaître par les signes extérieurs interprétés selon une logique — mais en
étant la chose.

Comme les savants s'en sont longtemps tenus à se considérer comme le centre du monde — et leur forme de pensée comme la seule référence valable — ils ont appelé le stade primitif de pensée que nous venons d'esquisser
stade prélogique — non sans accorder au mot et à la chose le bénéfice d'un sens péjoratif. Or, la pensée participante connaît le monde en un sens mieux et plus profondément que la pensée rationnelle. Nous en voulons pour preuve le fait que les mythologies primitives (travaux de Griaulle sur les Dogons et les Bambaras, etc...) sont des clefs dont la portée dépasse souvent ce qu'un cerveau de civilisé rationnel peut comprendre.

De la conception animique du monde et de la disproportion existant entre la nature et la volonté de l'homme est née la magie. Quand je veux lever mon bras, je lève mon bras ; quand je veux faire pleuvoir, je demande à la Pluie. Comme pour le primitif dont il est question, la Pluie est un être animé connu par participation, il parle à la Pluie le langage de la Pluie ; ce langage consiste dans des actes, des gestes, des phenèmes qui sont la Pluie, on s'adresse dans son langage propre au Feu, qui est à la fois son maître, son ennemi et son époux.

Sans mettre en question l'efficacité du procédé, il est évident que le sorcier déchargé de certaines tâches matérielles et pleinement concentré sur le problème des perfectionnements à apporter à ce langage finit par rencontrer, à force de tâtonnements millénaires :

1°) des clefs — rationnellement inexplicables, mais efficaces ;

2°) des formules d'efficacité matérielle durable et maniable, notamment dans le domaine thérapeutique et pratique. Nous reviendrons sur les
clefs et attirons l'attention sur le fait que dans des recherches de cet ordre, le tâtonnement n'explique pas toujours la découverte — ou ne l'expliquerait pas si lesdits tâtonnements n'étaient pas dirigés par une connaissance intuitive (ou de participation) préalable et concomitante.

Lorsque tels indigènes d'Afrique centrale observent tels symptômes (d'une affection microbienne générale et bien connue d'eux) chez un des leurs, le sorcier les réunit, se penche sur le malade, arrache à belles dents un morceau du gras de son épaule et mâche cette viande longtemps en se recueillant. Puis, il la crache dans une calebasse et l'agite longuement en proférant des incantations rituelles destinées à tuer le démon de ce mal.
Après quoi, toute la tribu doit absorber un peu de cette affreuse mixture ; enfin, le malade lui-même en mange la plus grande partie. Dans notre langage, nous dirions que le sorcier a prélevé le microbe, qu'avec sa salive, puis l'exposition à l'air, il a opéré l'atténuation de virulence — enfin qu'il a pratiqué une sorte de sérothérapie vaccinale sur les membres de la tribu et curative sur le malade. Nous posons la question : le tâtonnement seul peut-il conduire à la découverte d'une telle technique ?

Parmi les procédés de chasse et de pêche, parmi les règles d'exogamie permettant en fait la retrempe nécessaire à la race, parmi les interdits alimentaires, on pourrait citer maints exemples de pratiques que le pur hasard ni le délire d'imagination n'expliquent pleinement. Ce qui n'exclut pas que, d'autre part, la magie primitive ait conduit à des découvertes de simple chimie physiologique, à force de malaxer des sucs de plantes et des onguents. Mais le choix des plantes pour un usage donné procède toujours d'une connaissance magique (ou participante) de leur principe. Cela est si excellemment admissible, que la médecine spagyrique en a repris le principe et la médecine des signatures a donné des résultats tangibles.

Qu'on nous permette de citer au hasard dans une immense documentation réunis par le Dr Allendy, les deux faits suivants, relatifs à des drogues dont tout le monde connaît l'existence et l'usage : la médecine des signatures a établi une correspondance magique entre l'hémorroïde et le marron d'Inde — notamment parce que ce fruit a des analogies de principe (passons là-dessus) et de forme avec ces tumeurs.
Or,
l'extrait de marron d'Inde figure au Codex, et les biochimistes n'ont pu que confirmer ses propriétés. La menthe est une plante commune dont la fleur porte sa signature des voies nasales ; notamment, sa fleur a la forme d'une narine. Magiquement, elle participe de la nature du nez — et cela, ce ne sont pas les rationalistes qui l'ont découvert. Mais quand les rationalistes sont atteints de sinusite, ils font des inhalations au menthol, qui est extrait de cette plante.

Bref, la magie est à la fois connaissance participante et peut, en se doublant de science, rester magique (magie spéculative), et mode d'action (magie opératoire) en offrant à la volonté des voies que la Raison seule ne connaît pas. Nous précisons la
volonté parce que c'est d'elle que procède la magie. Les psychologues modernes en font d'ailleurs une déviation du désir de puissance. En un mot, il ne faut surtout pas confondre pratique de la magie et application d'une formule. La distinction est très importante et nous nous y attarderons. L'acte magique comporte :

1°) la connaissance ;

2°) l'intention ;

3°) la formule.

C'est-à-dire que le mage doit connaître — et connaître par le dedans, par participation — les forces dont il dispose et les choses et forces auxquelles il s'attaque. Autrement dit, il doit connaître en les vivant ou pour les avoir vécues les innombrables articulations dynamiques de la nature cachée, comme on connaît l'amour ou le deuil seulement quand on les a vécus. Ensuite, le mage doit savoir discipliner ses forces psychiques, les avoir éduquées, pratiquées, identifiées et entraînées, afin de pouvoir opérer la transmutation de ces forces en intention précise et efficiente. Enfin, et seulement dans la mesure où les conditions précédentes sont remplies, il peut
opérer, c'est-à-dire procéder au rituel : en cela, il aide son action de gestes dont il connaît le sens, de paroles qui sont l'expression de son effort psychique et y ajoutent, dans le plan de la manifestation, une consécration par l'existence.

La formule seule ne veut rien dire — pas plus que n'aurait de signification une formule de prière prononcée distraitement du bout des lèvres. Le parallèle est d'ailleurs valable en ce sens que quiconque admet l'efficience de la prière admet celle de l'acte magique. Et elle suppose, elle aussi, la connaissance, l'intention et la formule ; son action ne se réfère pas à un système rationnel. La prière est l'une des formes de la magie. Si cette inclusion peut paraître osée à certains (mal informés d'ailleurs, car les autorités compétentes ne nous contrediront pas), elle a l'avantage de faire mieux comprendre à la fois la prière et l'incantation magique. Ni l'une ni l'autre n'ont pour but de transgresser les lois naturelles.

Devant le jeu inéluctable des Forces supérieures et profondes, elles témoignent du désir de se mettre « dans le bon sens ». Autrement dit, l'ordre divin étant ce qu'il est et la nature étant ce qu'elle est, la prière ou l'acte magique sont des techniques visant, un but étant proposé, non pas à susciter des forces de privilèges et de désordre, niais à s'orienter selon les lignes de force de l'univers.

Car la magie ne crée pas de forces : elle apprend à les connaître pour les manier. Les physiciens ne font pas autre chose et n'ont pas encore réussi à infirmer la Loi de Mariotte ou le Principe de Carnot. La Nature est ce qu'elle est. Selon, que nous la connaissons ou non, nous pouvons l'utiliser ou non. C'est tout. Quant à la connaître, il se trouve que les mages les vrais, bien entendu, sont très en avance sur les savants. Ces derniers ont perdu un temps fou à étudier les lois quantitatives et matérielles, aussi ont-ils acquis pas mal de savoir dans ce domaine. Mais l'efficience de ce savoir reste rigoureusement limitée au plan quantitatif et matériel. La magie, elle, est débarrassée depuis longtemps du préjugé de la quantité et de la causalité rationnelle.

Cela est particulièrement typique dans l'exemple suivant (1) avec lequel nous achèverons cet exposé : lorsqu'on fait retentir aux oreilles d'un chien un sifflet d'un ton donné, au moment précis où on lui présente son repas, il suffit, au bout de quelques jours, de déclencher le sifflet pour que le chien manifeste les mêmes comportements que devant un repas, en l'absence de ce repas : le
repas psychique a entraîné, comme un repas réel, la salivation, la sécrétion gastrique, etc... Cela constitue l'expérience fondamentale qui a servi de base à la célèbre théorie de Pavlov sur les réflexes conditionnés. Entre la réponse (salivation, etc...) et le coup de sifflet, il n'y a pas de relation de causalité au sens plein du mot : avant dressage, le même coup de sifflet aurait été sans résultat les mêmes causes ne produisent donc pas les mêmes effets. Le retentissement du sifflet joue un rôle occasionnel de signal.

Emprunté, ainsi que plusieurs des points de ce développement, au livre du Dr FRÉTIGNY,
Esprit et Médecine.

Le signal n'est pas plus une cause que le fait pour mon réveil de marquer huit heures n'est la cause de mon lever chaque matin (voir l'article Astrologie). Le signal est un repère entre des cycles de phénomènes ; il n'intervient pas comme cause au sens où l'entendait la science rationaliste. Il n'en est pas moins rigoureusement spécifique. C'est-à-dire qu'un signal donné correspond seul à un phénomène donné. Par exemple et pour en revenir au chien de Pavlov, un sifflet en mi bémol déclenchant la salivation, cette dernière ne se produira pas si l'on fait retentir un sifflet en mi naturel ou le mi bémol du violon.

Dans la nature, il y a des millions de mécanismes visibles et cachés que les hasards (ou l'ordre du monde) a dressés pour répondre à un
signal. Les plus courants sont connus : je fais du bruit, les animaux fuient. Quand midi sonne, les bureaux et les ateliers se vident sur les trottoirs.
Avec de l'application, j'acquiers la connaissance d'autres signaux : j'apprends la langue des oiseaux, quand je siffle ils me répondent ; j'apprends la langue de l'orage et, quand je profère le cri fatidique, il tonne aussitôt. Pour atteindre les mécanismes les plus cachés et les plus complexes (la salivation du chien n'est-elle pas un phénomène complexeil suffit le plus souvent d'en connaître le signal. Ce signal n'est pas toujours aussi simple qu'un coup de sifflet. Les signaux des mécanismes psychiques à longue portée sont précisément des attitudes psychiques bien délicates à définir.

Souvent l'homme grandit en science, mais si bien qu'il se connaisse et si bien qu'il connaisse la Nature, il reste pauvre de moyens. Son truc habituel consiste à concrétiser ce qui est abstrait, à styliser ce qui est complexe, à symboliser ce qui est inexprimable. Le mage a des lumières, des lumières et encore des lumières, mais son cerveau est trop petit. Il s'aide de formules, d'objets et de symboles. Il arrive que lui-même ait bien du mal à s'y retrouver après coup, car, sauf pour les sages, la lumière ne brille que par éclats brefs.

Le comble du malheur est que d'autres hommes volent ou héritent les formules, les objets et les symboles, et deviennent des mages de quatre sous tout juste bons à faire jeter le discrédit sur les réalités les plus profondes et les plus substantielles — tant l'image qu'ils en présentent est incohérente et prétentieuse. Mais un malheur encore plus grand peut arriver : c'est qu'un tel homme-orchestre rencontre un faux savant et que ce dernier se mette à traduire dialectiquement le « sens caché » de cet arsenal de foire. C'est par des accidents de ce genre que le monde a perdu le contact avec la substance vivante de la pensée magique.

Nous n'ajouterons que quelques lignes consacrées à expliquer comment il se fait que des magiciens de campagne, guérisseurs miraculeux et autres, aient accès à un domaine qu'on pourrait croire, d'après ce qui précède, inaccessible. Cela tient à ce que la Nature a ses fantaisies. Il existe des individus qui, congénitalement, ont la structure psychique qui leur permet de prendre, sans l'avoir autrement cherchée,
l'attitude signal qui convient dans tel ou tel cas. Telle bonne femme ne guérit que les brûlures, ce vieux sorcier ne sait que nouer ou dénouer l'aiguillette... mais ils savent le faire et sont bien incapables de dire comment. Il en est de la magie comme de la voyance : ou on l'hérite accidentellement, ou on l'acquiert par ascèse. Dans le premier cas, elle est toujours limitée autant qu'inexplicable par le voyant lui-même.

Enfin, il y a une magie collective — et cela peut paraître sortir du cadre des processus esquissés ici. En fait, la magie collective utilise des rites et incantations, des dispositifs cérémoniels et procède d'un montage psychologique qui correspond sous une autre forme au travail du mage. D'ailleurs, un mage ou un prêtre en fixe toujours l'ordonnance (voir au mot Cercle magique). La plupart des cérémonies religieuses, mystères, rites de pèlerinage, etc., procèdent d'un rituel malheureusement quelquefois vidé de son contenu : les religions de tous les temps et de tous les pays nous en offrent des exemples.
A l'état frais et vivace, la magie collective ne fait pas autre chose que de mettre à l'épreuve une
attitude signal destinée à déclencher un mécanisme collectif quelconque. A l'état bâtard auquel elle parvient très vite, elle se vide de son efficience substantielle et agit au maximum sur le plan du psychisme collectif, comme cela se voit dans les meetings organisés selon le rituel de suggestion de la propagande moderne.

L'action magique des pantacles procède d'un mécanisme plus complexe (voir au mot Pantacle). La Nature et ses forces et mécanismes étant envisagés comme nous venons de le faire, le pantacle joue un rôle de « condensateur orienté ». Il vise (comme la prière, dont nous avons parlé), non pas à créer des forces nouvelles, mais un but étant fixé, à s'orienter selon les lignes de force convenables.
Les philtres et charmes de tout genre sont destinés à jouer un rôle analogue. On peut dire d'eux, comme des pantacles, des rites et des prières, qu'ils ne sont rien s'ils ne sont pas le support concret d'un potentiel psychique solidement organisé. Il n'est pas indispensable que ce potentiel psychique soit celui du bénéficiaire, à la condition qu'un opérateur puissant veuille bien en assumer la charge.

 

 

 

 

 

 

 

 

 ↑ Haut de page