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Chirologie

La Chirologie, en opposition à la chiromancie (voir ce mot), méthode de divination basée sur l'interprétation des signes révélés par la main, la chirologie est une science d'observation dont l'objet est d'établir des rapports constants entre les complexes caractéristiques des mains et les caractéristiques des sujets examinés.

Il faut insister tout d'abord sur le fait qu'il s'agit d'observer, d'enregistrer et de classer des ensembles caractéristiques. Cela veut dire :

1°) Qu'il, ne s'agit en aucun cas des
lignes de la main, mais toujours des indications, qu'elles fournissent, de celles que fournissent corrélativement le contact de la peau, la structure de la main, l'orientation des doigts, leur forme, etc..., etc...

2°) Qu'il ne s'agit en aucun cas de donner une valeur fixe à un signe donné. De même que la fièvre, considérée seule, ne permet de poser aucun diagnostic, alors qu'une douleur de l'abdomen ne permet de déceler seule l'origine de l'affection, de même, d'un accident anatomique de la main, on ne peut rien inférer. Retenons donc que, dans la pratique chirologique, il ne peut être fait état que d'un
complexe de caractéristiques, et que de toutes les caractéristiques qui interviennent, celles des lignes n'entrent que pour-une petite part.

Cela étant posé et bien compris, on peut sommairement assigner à l'examen chirologique les temps suivants :
1°) Examen des rapports du poignet et de la main.
2°) Examen de l'orientation des doigts par rapport à l'axe longitudinal de la paume.
3°) Évaluation de la souplesse d'articulation et de la limitation des mouvements du pouce.
4°) Détermination de la longueur proportionnelle des doigts et notamment du pouce.
5°) Appréciation des caractéristiques de la main au toucher (chaleur, humidité, fermeté, souplesse, texture des parties molles et du squelette, taux de contraction, etc...).
6°) Examen des ongles.
7°) Examen du dos de la main.
8°) Examen de la paume (sillons, éminences, proportions, structure).
9°) Examen de la face dorsale des doigts, (proportion et forme des segments, convexité de l'arc formé par la tête des métacarpiens, etc...).
10°) Examen analogue de la face palmaire des doigts.
11 °) Examen du poignet.
12°) Observation analogue de l'autre main et notation des rapports entre les deux mains.

Le résultat de cette observation — dont la nomenclature ci-dessus donne: une idée assez schématique — est de noter tous les signes qui s'intégreront: dans les
complexes caractéristiques.

Plusieurs
complexes peuvent, à partir de signes différents, comporter la même conclusion. Inversement, un même signe, selon qu'il est uni à tels, ou tels autres, acquiert une signification différente. Aussi n'est-il possible de donner ici qu'un ensemble de directions séméiologiques générales.

Par exemple : une main comportant des indices de facultés ou dons valables, mais dont le poignet est trop étroit, appartient à une personne qui, dans sa réalisation, sera incapable de bénéficier de ses qualités, faute de puissance vitale. Si les mêmes promesses se retrouvent dans une main dont le poignet est trop lourd, on peut en conclure à la même impossibilité : tout se passe comme si les facultés de réalisation étaient trop insuffisantes et débordées par rapport à un influx vital trop brutal et trop dru.

Dans un autre: domaine, on peut par exemple assigner au pouce la valeur d'un indice des facultés de réalisation ; mais alors qu'un pouce long bien structuré est celui d'un être apte à cette réalisation, le même pouce, long, osseux, plat peut, s'il appartient à une main présentant par ailleurs d'autres signes, être celui; d'un schizoïde ou même d'un schizophrène.

Sous les réserves que laissent entrevoir les quelques exemples et considérations qui précèdent, on peut donner, à titre indicatif, les correspondances globales suivantes :

Poignet — Indicatif de puissance vitale.

Dos de la main — Vie affective de l'adolescence.

Arc des têtes des métacarpiens — Indique le taux de capacité de synthèse par sa longueur et la maîtrise volontaire, la féminité, l'égocentrisme par sa convexité.

Pouce — Facultés de réalisation, attitude sexuelle, adaptabilité sociale.

Index — Intelligence et sa forme.

Médius — Indicatif central de la personnalité sur le plan du temps.

Annulaire — Facultés d'enthousiasme dans tous les domaines

Auriculaire — Intuition et connaissance affective.

Phalanges — Valeurs et significations variables pour chacune d'elles.

Ongles — Indiquent le mode d'adaptation au monde extérieur (Ex. : ongle carré à l'index : recherche de l'objectivité défensive ; ongle étroit et long à l'annulaire : manque d'objectivité dans les relations affectives avec tendance à l'agressivité sur ce plan, etc...).

Paume — Alors que le dos de la main (doigts compris) correspond aux rapports de l'individu avec le monde extérieur (considéré de l'intérieur et de l'extérieur), l'intérieur de la main et notamment la paume exprime les rapports de l'individu avec lui-même, son activité subjective à l'égard du destin. Les éminences correspondent à des caractéristiques de personnalité considérées du point de vue potentiel. Les sillons traduisent le mode d'application des secteurs de la personnalité et de leurs effets.

Les
espaces interdigitaux ont une signification qui varie selon les doigts considérés. Par exemple : un espace large séparant le pouce et l'index en position de repos indique l'esprit d'entreprise ou l'activité ou l'absence de timidité selon les signes associés.

Les
plis cubito-palmaires sont en rapport avec la sensualité ; les plis digito-palmaires et interphalangiques ont des significations variables, selon les segments et les doigts (ils sont d'ailleurs très inconstants dans leur tracé).

Structure générale — Question trop complexe pour être résumée.

Latéralité — La main gauche correspond à ce qui est subi et passé en deçà de l'époque de la soi-disant maturité. La main droite correspond à la vie passée au-delà de la maturité et à la vie active présente.

Chaleur et humidité — L'interprétation est, grosso modo, conforme aux indications de la médecine hippocratique.

Prépondérance relative du squelette et des parties molles — Exprime, selon une série de modalités, la part respective du structural et du vivant.

Souplesse ou raideur — Exprime, selon les signes associés, soit la primitivité de l'individu, soit ses caractéristiques tempéramentales schizoïdes ou synthone ou épileptoïdes.

Le
système pileux a une signification qui varie avec son abondance, sa répartition, sa localisation — et les signes associés (notamment l'humidité et la chaleur).

Parmi les remarques intéressantes qui peuvent compléter ce tableau sommaire, notons que les accidents purement fortuits (verrues, nœvi, rétractions tendineuses, affections diverses de la peau) prennent une signification qui doit s'interpréter selon le lieu où ils se trouvent, les caractéristiques générales de la main, leur aspect morphologique et leur nature. Par ailleurs, à côté des variations normales qu'on observe d'une main à l'autre, il existe des signes de caractère pathologique ou
chiropathologie à l'ensemble des lois qui résument les observations de ces cas. On a érigé séparément une pathologie des ongles, une pathologie des tissus, une pathologie de la structure, une pathologie des sillons, etc... Ces études offrent un intérêt certain ; mais pour la pratique, il est évidemment indispensable de replacer ces énumérations de symptômes dans les syndromes généraux de la chiropathologie, sous peine de commettre des erreurs par spécialisation.

Concernant la valeur des observations de la chirologie pour la prédiction de l'avenir, on peut dire que cette science, comme toutes les sciences, peut prédire l'avenir dans la mesure où elle déduit les cas particuliers de lois qu'elle a découvertes, éprouvées et vérifiées. Notamment, lorsqu'une main révèle qu'un individu est un grand timide, elle permet d'inférer que cet individu aura un destin de timide. En cela, elle ne fait pas autre chose que la psychologie pratique ou la médecine. Toutefois, de ce qu'elle définit un sujet d'une manière extrêmement complexe et nuancée, elle permet souvent des inférences sûres, pour peu qu'elles soient passées au crible d'un esprit critique résolu.



 

 

 

 

 

 

 

 

 

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